jeudi 26 juillet 2007

Le dévelopement au niveau village

Bonjour à tous,

j'espère que tout se passe bien pour chacun d'entre vous. Je n'ai malheureusement pas pu donner de nouvelles ces dernières semaines et je m'en excuse. La 'saison' de Eau-Vive se terminait et il fallait s'occuper des rapports!
Aujourd'hui, je souhaite me rattraper. Lundi prochain, je vais partir en solitaire pour séjourner dans un village pendant 7 à 10 jours. L'objectif de ce séjour est de mieux comprendre la dynamique locale et le développement au niveau des bénéficiaires. Je souhaiterais grandement vous associer à cette expérience unique afin que vous puissiez vous aussi apprendre. Je vous invite donc à réfléchir à la question suivante: si vous aviez à rencontrer un habitant d'un village africain reculé, qu'elle est la principale chose que vous souhaiteriez comprendre? Transmettez moi vos réflexions sur mon blog (1 par personne de préférence) et j'essaierai d'y répondre une fois sur place. Je consulterai mon blog pour la dernière fois le lundi 30 juillet dans l'après-midi.

Bonne journée à tous.


Florian Villaumé

samedi 7 juillet 2007

Vidéos

Bonjour,

je viens de mettre quelques vidéos sur le site: http://www.esnips.com/web/Videosphotos/ . Elles ont été filmées lors de ma mission dans la province du Gourma à la fin juin dernière.

Bonne journée.

Flo

mardi 12 juin 2007

Libér(alis)és?

Amis, parents ou simple lecteurs, j’espère que vous allez tous bien. Ici, tout se passe bien. La saison sèche est quasiment finie et nous entrons dans la saison des pluies. Le climat se rafraichit (mais les moustiques se font de plus en plus nombreux) et je dois dire qu'il est plutôt agréable de pouvoir dormir sans continuellement se réveiller pour boire de l’eau. Coté village, il y a une effervescence certaine. C’est le moment le plus important de l’année pour tous les villageois. D’ici au mois d’octobre, ils vont devoir produire leur nourriture pour l’année en espérant que rien de grave n’arrive. Côté ONG, on note aussi une forte mobilisation. Les prochains mois, les hommes, les femmes et les enfants seront tous occupés à la culture. Il leur sera difficile de participer à des activités de développement. Les ONG doivent donc finir tous leurs projets (ou les supendre). Autant dire qu’à Eau-Vive, on ne s’ennuie pas…

Aujourd’hui, j’aimerais partager avec vous quelques réflexions sur la situation économique du Burkina. Lorsque je fais mes courses à Ouga, je suis toujours surpris par la diversité des produits existant. Je n’ai vraiment pas l’impression de me trouver dans un pays sous-développé, mais plutôt au Canada ou en France. Je retrouve les mêmes marques. Coca-cola, Nestlé, Nescafé, Nivéa, Yamaha, Peugeot, etc. Toutes ces marques ont envahis le marché et peu de marques locales ont résisté. Bienvenue dans le monde du libéralisme.

Dans les années 90, la banque mondiale a conseillé (pour ne pas dire imposer) au Burkina Faso de privatiser son économie. Le but étant soi-disant de pouvoir lancer l’économie. Imaginez-vous chef d’entreprise Burkinabè. Vous avez une petite entreprise qui a de l’avenir, mais qui demande encore à grandir. Et là, les marchés s'ouvrent à d’autres entreprises extérieures. au pays. Ces dernières ont surement des dizaines d’années d’expérience, utilisent les dernières techniques de production et de publicité, et sont capables d’investir de gros capitaux. Que pouvez-vous faire? Rien. Impossible de lutter. Pour verrouiller le tout, on s’assure que ces entreprises aient une emprise sur le cadre du marché en « investissant » des capitaux dans le gouvernement. Les derniers scandales que vous avez entendu parlé, comme celui de Elf par exemple) en témoigne.

Aujourd’hui, je marche dans les rues de Ouaga et je ne peux que constater ce que nous avons créé. Une économie occidentale dans un pays qui ne l’ait pas. L’économie locale est presque morte. Seulement quelques miettes sont laissées aux petites entreprises Burkinabè (D’ailleurs si une de ces entreprises marche trop bien, pas de problème on l’a rachète, comme çà a ètè le cas pour la compagnie téléphonique publique ONATEL). Le seul espoir des habitants est dans une économie parallèle, l’économie du développement. Les Burkinabès ne rêvent plus de monter leur entreprise, mais leur projet de développement en s’appuyant sur les ONG. Là au moins, il y a une ouverture car de gros capitaux sont investis (pour compenser?) et le contexte est plus clément. Quand je suis arrivé au Burkina, j’avais été frappé du nombre de personnes qui me parlaient de leur projet de toutes sortes (On m’a même récemment présenté des projets d’album de musique qui devait « sensibiliser » la population sur différents problèmes de la société Burkinabé). Maintenant je comprends mieux.

Certains diront qu'il faudrait une révolution des peuples pour changer cette dynamique. Personnellement, je pense que c'est dans les mentalités que tout doit se dérouler. Il nous faut ouvrir les yeux sur ce que nous avons créé et identifier ou, nous, simple citoyen, pouvons avoir un petit impact. Mais peut-être préférons-nous fermer les yeux? Chacun à ses raisons et il faut les respecter. Mais n’oublions pas qu’au-delà des frontières multiples que nous avons dressées, nous resterons toujours des hommes et donc des citoyens du monde. À nous de nous comporter comme tel.



Florian



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La photo du jour : Et oui, j'élève une poule et un coq ! Quelqu'un peut m'aider pour les prénoms?






mardi 8 mai 2007

Théoriques versus Pratiques

Désolé pour cet intermède sans nouvelles. J’ai été très occupé ces derniers temps puisque je suis parti durant une semaine en mission dans la région la plus au Nord du Burkina Faso. Là-bas, j’y ai découvert un autre monde. Un monde ou ses habitants rendent la vie très simple malgré des conditions de vie vraiment difficile. Il n’y a pas d’électricité. L’eau est uniquement accessible grâce à quelques quelques forages. Il n’y a pas de routes goudronnées. La température monte à 50 degrés en saison sèche (c’est-à-dire actuellement), et le sol est uniquement fait de sable. Nous sommes à la porte du désert, dans la région de Markoye en Oudalan.

La première question qui me vint à l’esprit lorsque je suis arrivé est de savoir pourquoi les gens continuent à vivre dans une région si dure et isolée. Il m’est encore aujourd’hui difficile d’y répondre. Ce fut pour moi un réel paradoxe. Les gens ici souffrent car la vie ne leur fait pas de cadeaux, mais ces habitants dégagent une joie de vivre incroyable. Petit retour en arrière, à Paris. Je repense à ces visages que je croisais dans le métro. Cette tristesse dans les traits. La vie était beaucoup plus facile qu’ici. Pourtant quelque chose d’important manquait. Ici je l’ai trouvé. C’est ce côté humain. Alors est-il vraiment mieux pour cette population de vivre dans notre monde ? Je ne pense pas. Je dirais même plus, il nous faut redevenir humble et apprendre d’eux. Dans le domaine du développement, c’est le comportement inverse que l’on retrouve. Tout le monde semble être vouloir donner sa leçon. J’ai récemment commencé à lire « Whose reality counts? » de Robert Chambers. De cette lecture, est ressortie une réflexion. Sommes-nous assez compétent pour indiquer la voie du développement ? Peut-être est il alors judicieux de comprendre comment notre société reconnait la compétence. J’ai suivi pendant ces deux dernières années un enseignement de master en mécanique des fluides. Ma mission : prédire le comportement d’un écoulement fluide à l’aide d’un logiciel informatique. En d’autres termes, il me fallait modéliser un comportement naturel par des variables judicieusement choisies. Une représentation simplifiée de la réalité qui se révéle exacte dans certaines 'conditions' . À l’issus de cette formation, j’ai obtenu le grade de Maitre en Science. La société m’a alors conféré un statut plutôt élevé. Et c’est là ou réside le problème. Dans notre société, plus une personne a une formation théorique, plus elle est reconnue, et donc plus on lui confère un place hiérarchique élevé (et donc un pouvoir décisionnel accru). Et cela est bien entendu aussi valable dans le sens inverse : plus une personne est pratique, moins elle a de pouvoir décisionnel. Dans le domaine du développement, ce constat est symptomatique. Voilà déjà près de cinquante ans que les pays occidentaux appuient les pays en développement. Ces pays sont devenus de réels laboratoires. Les gens les plus éduqués au monde s’y sont essayés en donnant des conseils basés sur une modélisation de la réalité. En physique çà marche, mais pas pour les sciences sociales. Comme le dit Chambers, la réalité sociale est locale, complexe, diverse, dynamique et imprévisible. On ne modélise pas l'homme. C’est tout un changement dans les mentalités et les institutions qu’il faut opérer. Les théoriciens ne seraient présents que pour appuyer les praticiens. Cependant, côtoyant depuis quelques temps le monde du développement, force est de constater que nous en sommes encore bien loin. J’ai rencontré récemment une entreprise française travaillant au Burkina Faso sur un projet majeur de développement. Je crois que j’ai rarement eu honte comme çà. Ils mettent en place un projet d’envergure mais, après quelques échanges, j’ai vite compris qu’ils n’avaient aucun contact avec la 'réalité' du terrain. Leur projet est voué à l’échec, mais eux ont le pouvoir d’agir. Encore une nouvelle expérience dans le laboratoire du développement africain. Que la route est encore longue.

Florian

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Le piston du jour : à la Prom's 202 des Arts&Métiers de Chal's
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Les vidéos du jour sur http://www.esnips.com/web/Videosphotos/ :
'Traversée de Markoye.mpg', ville de Markoye, Oudalan (nord du Burkina);
'Puit et enfants.mpg', Falagountou, Oudalan;
'je revais d'un autre monde.mpg' : village de Gangany, Oudalan.

lundi 2 avril 2007

Malaria quand tu nous tiens…


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À tous les québécois: dans le cadre des ateliers hebdomadaires Mid'Isf, je donnerai une présentation sur mon placement en direct de Ougadougou le mardi 2 avril au café chlorophyle (00056 du pavillon vachon de l'Université Laval) à 18h30. Je répondrai ensuite à toutes vos questions. OUVERT À TOUS! A demain stie!


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Avant de venir en Afrique, j’ai eu la chance de pouvoir prendre part à une formation primordiale sur les risques de santé liés à mon voyage. J’y apprenais notamment l’ensemble des dispositions à prendre pour éviter de tomber malade. Cependant, il n’y a des maladies qu’il est plus difficile d’éviter. La malaria en fait partie. Cette semaine, j’en ai fait l’expérience…

De sortie en province quelques jours auparavant, j’ai été piqué par un insecte local. Quelques jours après, je me réveillais avec une très grosse fièvre et une tension vraiment faible. Résultats des courses, j’ai dû être hospitalisé pendant deux jours. Notez tout de même que ce n’était pas si grave car, moi, j’ai eu accès à tous les soins nécessaires. Mais que deviennent les Burkinabès qui n’ont pas cette chance? Il semble que la plupart des burkinabè (des africains en général) ont cette maladie. Cependant, il leur est impossible de suivre un traitement, faute de moyens (une pilule journalière est équivalente à la moitié de leur salaire mensuelle). Ils gardent donc cette maladie toute leur vie. Les effets principaux sont des périodes de très grande fatigue et de mal de tête qu’ils essayent de « gérer » comme les gens disent ici (c’est-à-dire se reposer…). Imaginons maintenant qu’à cette maladie, s’additionne une ou plusieurs autres maladies. Imaginez l’effet sur le système immunitaire. Il ne peut plus suivre et s’affaiblit. Il n’est donc pas étonnant que l’espérance de vie est ici de 47 ans pour les hommes et 48 ans pour les femmes! Les maladies se propagent beaucoup plus rapidement que chez nous et les gens y sont plus vulnérables. Mais nous que peut-on y faire? Encore une fois, commençons par s’y intérresser.

C’est tout pour cette semaine. Un peu de repos est encore nécessaire pour retrouver une forme olympique !

Florian


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La vidéo du jour: un petit aperçu de la vie de tous les jours des femmes burlinabèes (respect!)

'Moudre du maïs en Afrique.wmv'.Vous la trouverez sur: http://www.esnips.com/web/Videosphotos/ (cliquez sur 'Next' en bas de la page pour voir les autres vidéos).


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L'article du jour (lol): http://www.orbleu-lefilm.com/


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La photo du jour: Toyota à vendre!