mercredi 17 octobre 2007

Un autre jour au Burkina

Bonjour à tous,

J’espère que vous allez tous bien.

Une nouvelle journée qui commence à Ouaga. Une journée un peu spéciale en fait. C’est la journée mondiale du refus de la misère. C’est vrai que j’aurais beaucoup de choses à dire le sujet mais je vais vous raconter une petite histoire qui illustre un exemple de ce qu’est la misère ici.

Il y a deux jours, un enfant de 13 ans a frappé à la porte de ma cours. Il pleurait. Il avait faim. Il s’appelle Pacôme. Ses parents ont été pris dans la guerre civile de la Côte d’Ivoire. Sa mère a du retourner dans son village et est décédée. Son père, blessé, est venu se faire soigner au Burkina Faso, à Koudougou. Il y a quelques temps, il a succombé à ses blessures. Pacôme a fait appel à l’aide de la parenté locale pour qu’on l’aide. Ces derniers ont décidé de l’envoyer à Ouagadougou chez son oncle. Là-bas, il a pu l’aider dans ses travaux de gardiennage au sein d’un petit commerce chinois en échange d’un toît et de quoi manger. Malheureusement il a été forcé de partir car les commerçants ne voulaient plus le loger. Résultat Pacôme s’est retrouvé à la rue, livré a lui-même. Il a essayé de faire appel à plusieurs personnes mais personne n’a répondu.

Le monde devient vraiment dur, même au Burkina. Il y a quelques mois encore je remarquais cette solidarité propre aux Burkinabè. Aujourd’hui, je me rends compte que petit à petit chacun s’endurcit en particulier lorsque l’on se rapproche des centres urbains. À mes yeux, le développement du pays n’y est surement pas étranger. Nous (occidentaux) orientons les pays d’Afrique vers une société à notre image. Certes, nous conservons encore d’importantes valeurs de solidarité mais force est de constater que nous tendons vers une société individualiste qui influence ses pays « partenaires » comme tel. L’Afrique est donc en danger. Elle glisse petit à petit vers une société qui l’éloigne de ses valeurs intrinsèques. Des valeurs qui pourtant font l’admiration de tous à travers le monde…

Florian

jeudi 13 septembre 2007

La vidéo du jour: Andrew Mwenda

http://www.ted.com/index.php/talks/view/id/159

Journalist-provocateur Andrew Mwenda asks us to look at Africa not in terms of its problems -- the poverty, war and helplessness that play across our TV screens and newspaper pages -- but in terms of its opportunities. We have the chance to create true wealth and happiness here, he says. But we won't get there by simply dialing up the Western aid.

Beoro.

Florian

lundi 27 août 2007

Rencontre avec mon employeur

Bonjour à tous,

Je voudrais tout d’abord remercier tous ceux qui m’écrivent. Nombre d’entre vous me font parvenir leurs questions et commentaires par mail ou directement sur mon blog. Sachez que c’est un réel plaisir d’y répondre même si parfois je mets un peu de temps !

Et oui, je suis finalement ressorti indemne de mon séjour dans le village de Koulpissi. 7 jours passés bien loin de mon confort habituel de Ouagadougou mais qui resteront inoubliables (je travaille actuellement sur une suite…).

Koulpissi est un village de quelques milliers d’habitants (mais très étendu) situé à 12km de la route reliant Fada à Ouagadougou (Est du Burkina). En cette année propice à la culture (il y a bien plu cette année), j’y ai retrouvé les traits de ma bonne vielle région de Franche-Comté. Surprenant. Autant dire que je me suis senti à l’aise dès le début. J’ai logé chez le président d’un regroupement de groupements d’agriculteurs du village. Il s’appelle Abdou. Il est dans la quarantaine, a deux femmes, et quatre enfants. Né à Koulpissi, il a passé beaucoup de temps en Côte-Ivoire avant de revenir vivre dans son village. C’est une personne vraiment passionnante. Ce qui m’a le plus frappé chez lui est son ouverture d’esprit et sa créativité. Avant d’arriver au village, j’avais une vision fausse du villageois type. Je m’attendais à trouver des personnes plutôt passives comme semblaient le montrer mes courtes visites précédentes. Abdou a tout remis en cause. C’est une source incroyable d’idées. Un innovateur comme on en voit peu. Néanmoins tout le monde n’est pas comme Abdou. Beaucoup de villageois ne sont jamais vraiment sortis de leur village. Je l’ai senti. Il y a une nette différence dans les capacités de créativité de chacun. Normal finalement. Imaginez-vous à leur place. Vous habitez dans un village isolé et vous n’êtes jamais vraiment sorti de votre village. Vous ne savez ni lire ni écrire. Sur quelles sources de connaissances allez-vous vous baser pour être créatif? Et bien sur celles qui vous sont accessibles et compréhensibles, c’est-à-dire celles de votre environnement. Lorsqu’une ONG souhaite introduire une nouvelle technologie, elle se trouve alors confrontée à un déficit important en connaissances, compétences, etc, des gens par rapport à cette technologie.

J’ai suivi Abdou dans toutes ses activités. Actuellement la saison des pluies est bien entamée (depuis mi-juillet). Les villageois plantent encore quelques graines d’arachides ou d’haricots aidés par leur charrue à âne ou bœuf(s) pour les plus riches (voir photo). Mais la majeure partie du travail consiste à désherber les champs plantés quelques semaines plus tôt. Attention ici lorsque l’on parle de « désherber », on entend prendre une petite pioche, et traverser tout le champ, plié en deux, en piochant les mauvaises herbes (peu de villageois utilisent le désherbant). Lorsque l’on parle de 3-4 hectares, je peux vous dire que cela fait une différence considérable. Abdou, lui, a tout de même réussi à acheter un vaporisateur en se faisant sponsoriser par Eau-Vive. Il l’utilise de temps en temps mais le produit reste encore trop cher selon lui (et d'autres). Surement que le bénéfice de cette technologie n’est aussi pas perçu comme nous le pensons. J’ai d’ailleurs remarqué une différence nette de vision du travail par rapport à chez nous. Nous vivons dans une société ou notre environnement doit être contrôlé (en particulier les risques) et optimisé (le temps, l’espace, etc). Le tout pour généralement s’enrichir un peu plus. La vision des villageois est bien différente de celle-là. Je dirai que, à mon niveau d’apprentissage actuel et selon ma vision (occidentale, théorique, etc), elle se résume par être heureux avant tout chose. Notez que, ici l’argent n’est pas une constituante du bonheur (Mhm, difficile à croire, non?). Un de mes parents m’a d’ailleurs demandé de savoir ce que représentait le bonheur pour un villageois. J’ai échangé avec quelques villageois et eu trois réponses : la santé pour toute la famille, trouver une (nouvelle) femme, et recevoir des étrangers (Surement que ma présence a aussi influencé). Et pour vous? Beaucoup de villageois m’ont aussi demandé ce que vous vous répondriez à cette question, j’attends donc vos réponses (j'y retourne dimanche).

C’est tout pour aujourd’hui. Il est 10h en ce dimanche ensoleillé et je crois qu’il est temps que je me lève! Pour tout ceux qui avaient d’autres questions, rassurez les réponses sont au chaud..

Bonne semaine à tous et gardez le « Bon’Esprit »!

Florian

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Question du jour : Qu’elle est votre signification du bonheur?

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Les vidéos du jour: Une série de vidéos qui vont vous transporter dans la vie d'un villageois Burkinabè...
Vous la trouverez sur: http://www.esnips.com/web/Videosphotos/ (cliquez sur 'Next' en bas de la page pour voir les autres vidéos).

jeudi 26 juillet 2007

Le dévelopement au niveau village

Bonjour à tous,

j'espère que tout se passe bien pour chacun d'entre vous. Je n'ai malheureusement pas pu donner de nouvelles ces dernières semaines et je m'en excuse. La 'saison' de Eau-Vive se terminait et il fallait s'occuper des rapports!
Aujourd'hui, je souhaite me rattraper. Lundi prochain, je vais partir en solitaire pour séjourner dans un village pendant 7 à 10 jours. L'objectif de ce séjour est de mieux comprendre la dynamique locale et le développement au niveau des bénéficiaires. Je souhaiterais grandement vous associer à cette expérience unique afin que vous puissiez vous aussi apprendre. Je vous invite donc à réfléchir à la question suivante: si vous aviez à rencontrer un habitant d'un village africain reculé, qu'elle est la principale chose que vous souhaiteriez comprendre? Transmettez moi vos réflexions sur mon blog (1 par personne de préférence) et j'essaierai d'y répondre une fois sur place. Je consulterai mon blog pour la dernière fois le lundi 30 juillet dans l'après-midi.

Bonne journée à tous.


Florian Villaumé

samedi 7 juillet 2007

Vidéos

Bonjour,

je viens de mettre quelques vidéos sur le site: http://www.esnips.com/web/Videosphotos/ . Elles ont été filmées lors de ma mission dans la province du Gourma à la fin juin dernière.

Bonne journée.

Flo