dimanche 3 février 2008

Et maintenant?

Bonjour à tous,

c'est d'un petit cyber café de Ouagadougou que je vous souhaite à toutes et tous une bonne et heureuse année 2008. Pour beaucoup d'entre vous, je n'ai pas eu l'occasion de vous le dire en personne ou alors très rapidement!

Me voilà donc revenu pour un second opus au "pays des hommes intègres". Une aventure incroyable se profile cette année. Jusqu'ici j'habitais à Ouaga en effectuant régulièrement de courtes missions ou mini-séjours en villages. Après cette première année, force est de constater que ma compréhension des réalités terrain reste limitée. Le problème est que, comme dans l'industrie, si on ne connait pas bien son "client", il est très difficile de le satisfaire. Même si je ne connaitrais jamais tout la face cachée de l'iceberg, cette expérience va me permettre de briser beaucoup de mes idées préconçues et me faire un avis concret de la vie sur le terrain.

Dans quelques semaines, je vais donc me diriger vers la ville de Dori. Dori est une ville du Nord-Est du Burkina Faso qui regroupe près de 24 000 habitants, pour la majorité d'ethnie Peuhl. La ville marque le passage à la région désertique du Sahel.
Cette région, qui est l’une des moins pluvieuses du Burkina, connaît d’énormes difficultés d’approvisionnement tant pour ce qui est de l'eau potable (couverture de 40%) qu'au niveau de la nourriture (48,9% des enfants de 0 à 4 ans souffrent d’un retard de croissance...). Pendant les prochains mois, je vais me concentrer sur la problématique de l'accès à l'eau potable. Il suffit d'observer la vie là-bas pour se rendre compte de l'ampleur du problème dans ce domaine. De nombreux ménages parcourent tous les jours de grandes distances pour s’approvisionner en eau. J'ai rencontré des femmes, traditionnellement en charge de l'approvisionnement en eau du ménage, qui en faisaient 7 aller et 7 retour chaque jour (juste pour avoir de l'eau). D’autres se contentent de boire l’eau de certaines mares permanentes. Je ne vous explique pas les conséquences de cette pratique... Bref, je pense que je vais beaucoup apprendre (sur tous les plans) et je compte bien qu'il en soit de-même pour vous, après tout ce sont aussi vos frères...


Avant de vous laisser, j'aimerais partager avec vous un moment personnel très important. J'ai été désigné par mon organisation "Volontaire ISF de l'année 2007" lors de la dernière conférence d'ISF à Montréal (voir photo). Ce prix récompense l'ensemble de mon travail à Eau-Vive et ISF pendant les 12 derniers mois. C'est un grand honneur pour moi et aussi un grand accomplissement. Il me donne beaucoup d'énergie pour les mois à venir et j'espère pouvoir vous en donner un peu!


À très bientôt.

Florian Villaumé


lundi 17 décembre 2007

Petite mise à jour & grande nouvelle!

Ibé kibéré (« Bon matin » en Moré),

Avant toute chose, je voudrais vous remercier pour tous les messages que vous m’envoyez. C’est un plaisir d’avoir des nouvelles fraiches de vous et de pouvoir participer à vos réflexions!

Je vous écris aujourd’hui pour vous donner les grandes lignes de mon placement à Eau-Vive afin que vous puissiez mieux comprendre mon rôle ici (non ce n’est pas du tourisme!). Vous verrez aussi que j'ai une incroyable nouvelle à vous annoncer!


Les objectifs d’un placement ISF Canada sont d’avoir de l’impact :

  1. Sur mon organisation partenaire en l’appuyant dans ses activités usuelles et en renforçant ses capacités organisationnelles les plus pertinentes vis-à-vis des bénéficiaires,
  2. Au Canada et en France en transmettant mes connaissances et bonnes pratiques sur le secteur du développement,
  3. Sur moi-même à travers mon développement personnel et professionnel.
Je suis arrivé à Eau Vive (EV) en mars dernier. J’ai passé mon premier mois à mieux comprendre le
fonctionnement de mon organisation et du secteur Eau & Assainissement au Burkina Faso. J’en ai aussi
profité pour effectuer quelques missions terrains dans les villages partenaires de l’organisation. À partir de
mai, on m’a chargé de remplacer le conseiller technique en génie rural de EV pour une période de quatre mois.
En pratique, j’étais en charge d’une quinzaine de projets en hydrauliques tel que la construction de forages et
la formation de comités de gestion de point d’eau, la construction de puits maraichers, etc. J’ai aussi eu la
chance d’appuyer les conseillers techniques en renforcement de capacité dans certaines de leurs activités
(animations sur le terrain, conception de formation, etc.). Une charge de travail conséquente mais un excellent
moyen de m’immerger dans le monde passionnant du développement.
 
Pendant la période creuse des ONG (août), j’en ai profité pour effectuer un diagnostique organisationnel de EV
en incluant le personnel et certains habitants des villages partenaires de EV. De ce diagnostique sont ressortis
un certains nombre de points pouvant améliorer l’impact de EV sur les bénéficiaires. Je travaille actuellement
à renforcer certains de ces points à travers un programme d’appui interne qui porte sur le développement
individuel de l’équipe. Ce programme se déroulera jusqu’en Mars, date ou se termine mon placement.

La question qui vous brûle surement les lèvres doit être : « Et après, qu’est ce que tu fais? ». Et bien, sachez
que j’ai officiellement décidé hier matin de continuer mon expérience ici au Burkina Faso pour une année de
plus. J’avoue que ce n’était pas une décision facile. En majeure partie, du fait de mon éducation. Je trouve que
nous avons tous été éduqué pour suivre un «autoroute » où l’objectif principal est de gagner de l’argent pour
être heureux à court et long-terme (retraite). Je respecte ce chemin car je vois ce que cela apporte à mon
entourage, cependant ce n’est pas le mien. Il y a aussi plusieurs autres raisons qui m’ont poussé à continuer :
- J’ai découvert en Afrique une richesse humaine que j’apprécie énormément,
-  Mon travail me motive et m’inspire car il a un sens,
- ISF Canada est une organisation incroyable en particulier pour s’améliorer personnellement et
professionnellement. Je suis dans un environnement qui te pousse continuellement à passer au
« niveau » suivant dans tous les domaines et j’aime çà!

Me voilà donc reparti pour une nouvelle aventure au Burkina Faso. Une aventure d’autant plus passionnante
que je ne serai plus basé à Ouaga mais à Dori, à la porte du désert (voir carte). On peut donc considérer ce
changement comme une promotion vu que je serai beaucoup plus proche de mes employeurs, à savoir les
villageois!
 
Comme une bonne nouvelle fait toujours place à une autre, et bien sachez que je vais rentrer en France et au
Canada pendant le prochain mois!!! Wow, moi-même je n’en reviens pas! Je vais vous donner quelques dates,
peut-être aurons-nous l’occasion de nous croiser? J’arrive à Paris le 22 décembre ou je me rends directement
dans ma Franche-Comté natale pour passer un peu plus de une semaine avec ma famille. Je vais repartir à
Paris avant ou après le nouvel an en fait, j’attends toujours de voir où est-ce que ÇÀ se passe…) où je vais
rester une semaine. Je cherche d’ailleurs un endroit ou me loger… Je repars autour du 9 en direction de
Québec où je vais rester jusqu’au 14 janvier. Ensuite direction la conférence nationale d’ISF à Montréal du 16
au 20 pour un retour à Africa prévu autour du 21. Çà va être du sport… Si vous êtes dans le coin lorsque je
vais passer, n’hésitez pas à me contacter, ce sera un plaisir d’échanger avec vous.
 
Sur ce, je dois vous laisser, il semble que j’ai à peine cinq jours pour préparer mon départ!
 
À très bientôt!?
 
Zidane Ouédraogo, comme on m’appelle ici.
(moitié blanc, moitié Burkinabé)

 


mardi 13 novembre 2007

Nouvelles vidéos et petite dédicace à mes amis alsaciens


Bonjour à tous,

Je viens de poster trois nouvelles vidéos. La première décrit comment sont construites les tentes Peuhl au Nord du Burkina Faso, la second illustre un exemple des dégâts causés par les récentes pluies, et la troisième vous fait plonger au coeur du développement... :)
Le lien: http://www.esnips.com/web/Videosphotos/

La photo ci-contre a été prise à Gorom-Gorom, au Nord du Burkina Faso. Figurez-vous que cette ville a été développée par des personnes habitant dans la ville ou je suis née, à savoir Mulhouse (sous l'ère Sankara). En effet, pendant plusieurs années, il y avait un important commerce aérien d'haricots en provenance de Gorom-Gorom et à destination de Mulhouse. Le monument que vous voyez est appelé "Le point Mulhouse"! Quelle surprise lorsque j'ai découvert çà! Décidément, je ne suis pas arrivé là par hasard...

Bonne semaine à tous!

Florian

mercredi 17 octobre 2007

Un autre jour au Burkina

Bonjour à tous,

J’espère que vous allez tous bien.

Une nouvelle journée qui commence à Ouaga. Une journée un peu spéciale en fait. C’est la journée mondiale du refus de la misère. C’est vrai que j’aurais beaucoup de choses à dire le sujet mais je vais vous raconter une petite histoire qui illustre un exemple de ce qu’est la misère ici.

Il y a deux jours, un enfant de 13 ans a frappé à la porte de ma cours. Il pleurait. Il avait faim. Il s’appelle Pacôme. Ses parents ont été pris dans la guerre civile de la Côte d’Ivoire. Sa mère a du retourner dans son village et est décédée. Son père, blessé, est venu se faire soigner au Burkina Faso, à Koudougou. Il y a quelques temps, il a succombé à ses blessures. Pacôme a fait appel à l’aide de la parenté locale pour qu’on l’aide. Ces derniers ont décidé de l’envoyer à Ouagadougou chez son oncle. Là-bas, il a pu l’aider dans ses travaux de gardiennage au sein d’un petit commerce chinois en échange d’un toît et de quoi manger. Malheureusement il a été forcé de partir car les commerçants ne voulaient plus le loger. Résultat Pacôme s’est retrouvé à la rue, livré a lui-même. Il a essayé de faire appel à plusieurs personnes mais personne n’a répondu.

Le monde devient vraiment dur, même au Burkina. Il y a quelques mois encore je remarquais cette solidarité propre aux Burkinabè. Aujourd’hui, je me rends compte que petit à petit chacun s’endurcit en particulier lorsque l’on se rapproche des centres urbains. À mes yeux, le développement du pays n’y est surement pas étranger. Nous (occidentaux) orientons les pays d’Afrique vers une société à notre image. Certes, nous conservons encore d’importantes valeurs de solidarité mais force est de constater que nous tendons vers une société individualiste qui influence ses pays « partenaires » comme tel. L’Afrique est donc en danger. Elle glisse petit à petit vers une société qui l’éloigne de ses valeurs intrinsèques. Des valeurs qui pourtant font l’admiration de tous à travers le monde…

Florian

jeudi 13 septembre 2007

La vidéo du jour: Andrew Mwenda

http://www.ted.com/index.php/talks/view/id/159

Journalist-provocateur Andrew Mwenda asks us to look at Africa not in terms of its problems -- the poverty, war and helplessness that play across our TV screens and newspaper pages -- but in terms of its opportunities. We have the chance to create true wealth and happiness here, he says. But we won't get there by simply dialing up the Western aid.

Beoro.

Florian